Edito I

Opinión

EDITORIAL

Notre journal est (enfin!) en route

 

J'ai eu la chance de mener des projets collaboratifs depuis que ma vocation m'a amené à l'enseignement, notamment des ateliers de théâtre et des courts-métrages et des journaux scolaires -en format traditionnel-. J'y trouve une bonne façon de compléter l'enseignement de ma matière -la langue-, mais aussi d'autres compétences transversales -cognitives ou sociales, par exemple-.

 

Lorsque j'ai commencé avec mes groupes cette année scolaire, j'ai constaté tout de suite chez les élèves quelques éléments essentiels pour tout projet participatif complexe: ils se sentent impliqués dans leur formation, leur niveau moyen d'espagnol est correct (même s'il y a un peu tout) et beaucoup d'entre eux m'ont montré une certaine créativité. Et puis, mon impression s'est confirmée: j'ai réussi à éveiller leur intérêt dès que j'ai évoqué le projet. Et oui, cette année, nous aurons bien un journal digital scolaire dans les règles de l'art. Et en Espagnol.

 

Jusque là, c'était simple, mais les projets ne se font pas qu'avec un peu de motivation et beaucoup de bonne volonté. Trois facteurs ont pesé sur une telle décision: l'envie d'exploiter les talents de mes élèves, montrer l'utilité d'une langue étrangère dans un contexte proche de l'environnement professionnel, et le principe de l'interdisciplinarité, car nous aurions besoin de références en histoire, en arts plastiques, en sciences...

 

Les bases du journal se sont mises en place en Novembre ... et c'est maintenant, en Février, que les résultats commencent enfin à se faire sentir.

 

Ce projet d'un journal digital se compose de 3 phases très précises:

 

  • Une première phase, dans laquelle chaque étudiant a dû rédiger un article. Liberté totale pour sa composition (en spécifiant une longueur minimale), et à seulement 2 conditions: l'originalité et l'authenticité.

 

Les articles ont été rendus juste avant les vacances de Noël. Même si un bon nombre d'articles ont été rejetés, mais de la quantité est ressortie la qualité: après la sélection effectuée, les corrections et l'adaptation, j'avais à la mi janvier la plupart des contenus de notre première édition.

 

Puis j'ai pris mon temps pour créer un site web pour le journal, ce qui a pris beaucoup d'heures sur mon sommeil pendant 2 semaines. Résultat: La première édition commence la mise en page fin de Janvier. Cap sur notre première édition: Février 2016.

 

  • Une deuxième phase -pendant le mois de février et début mars- consiste à créer une petite équipe de rédaction composée de 5 étudiants par classe. Deux objectifs: donner la responsabilité de rédiger et/ou choisir les articles de leur journal, et apprendre l'édition et la mise en page comme dans un vrai journal. Il est prévu une deuxième édition du journal juste après les vacances de février.

 

  • Enfin, une troisième phase dans laquelle les personnes composant l'équipe de rédaction vont s' occuper des différentes sections du journal, qu'ils devront mettre à jour et animer. Pour faciliter leur travail, il est prévu de créer une équipe par section avec d'autres étudiants, que les membres de la rédaction vont devoir gérer, tout comme dans un véritable journal.

 

Cette première édition de notre journal digital en espagnol suppose pour moi une grande satisfaction personnelle, professionnelle et vocationnelle. Personnelle, pour toutes les heures passées à la réalisation de ce projet et ma persévérance dans les moments parfois difficiles.

 

Professionnel, car que je suis un de ces enseignants idéalistes (et un peu fous) qui croient que l'éducation ne se termine pas après 50 minutes de classe. Nous formons des personnes, les adultes de demain. Une éducation qui ne se fait pas accompagnée par des valeurs, n'est pas une éducation.

 

Et vocationnelle, car ce journal est la preuve que les étudiants en Secondaire réfléchissent beaucoup plus que ce qu'on a tendance à croire. Face à l'infantilisation et

la condescendance dont l'institution nous mène à traiter nos élèves, la réussite de ce projet prouve que -dans des conditions favorables- ils peuvent être créatifs, responsables. Mûrs.

 

Pour finir ces lignes... que personne n'aura lues, je tiens à remercier mes élèves, pour m'avoir donné l'envie de progresser. Et pas seulement en tant que prof d'Espagnol.

Francisco SALAMANCA

Enseignant d'Espagnol